Partir

Partir
Sans y penser, sans y réfléchir
Les pieds devant,
Les yeux fermés d'envie
L'esprit à l'air
Avec l'air de savoir
Mais sans trop voir.
Entrevoir simplement en soi l'évidente envie

Partir
Sans autre peur que celle de s'enliser
Dans la vie qui file
Qui se défile
Partir avant de vieillir
Avant de s'endormir
Partir avant de douter

Mais partir d'abord
Et réfléchir ensuite

Premier contact

Au bord du fleuve

Le canyon des portes de l'enfer

La croix et son reflet nocturne

Dès le lever du jour, elle se tient haute et fière, solitairement installée sur la plus haute colline de manière à surplomber la bourgade qu'elle surveille. Son allure orthogonale lui confère la rigueur et sa posture culminante est force d'autorité. Si elle se montre moins faste que ses ainées européennes, elle compense par sa taille auguste. En outre, son ossature d'acier lui assure résistance et vigueur. En somme, elle fait exemple aux âmes fragiles des pauvres pêcheurs.


Pourtant, quand le soleil sacré tourne les yeux et que sa lumière fuit, elle délaisse sa stature religieuse et se laisse séduire par le pécher. Elle se déprave en se fringuant d'un néon rouge criard et rejoint alors les malices de quelques enseignes nocturnes. Et la lumière refut. Celle-ci n'éclaire guère la raison, perdue en des songes absurdes, mais elle se montre non moins salutaire à l’égard de quelques âmes éperdues cherchant soulagement. La procession chrétienne, la nuit, se fait prostituée. Puis revient la lumière divine qui éteint les désirs obscurs.

Le lac Temiscouata


Road trip

Road trip ; la route n’est plus un passage, elle est un voyage.

Beauté à perte de vue sur ce boulevard qui traverse la nature et qui bouleverse nos habitudes. Nous suivons le fil du chemin et nos pupilles inlassables captent les paysages insolents qui défilent.
Le spectacle s’enchaîne et l’émerveillement est aux aguets. À cela, l’automne offre sa profusion.
De cette boîte ambulante, nous voyons l’infime de notre être face à l’infini. Nous voyons notre pensée se diluer dans la grandeur de tout le reste.
Mais au bout du chemin, nous ne reviendrons jamais de ce voyage. Nous y avons égaré quelque chose qui jamais ne sera retrouvé.

Une pensé restera perdue dans ces espaces grandioses de la nature que nous avons traversés.

Richesse d'automne

Au Québec, les montagnes ne sont jamais plus riches qu'en automne.
Si le soleil, en ce temps, perd son éclat d'été, c'est certainement qu'il en cède aux feuillages. La luxuriante fortune de l'astre se dépose sur chaque coin de feuille et par ce geste d’une infinie finesse, les plafonds des forêts se trouvent ornés de feuilles d’or et les paysages entiers sont enveloppés d'une couche de majesté à en faire convoiter le plus illuminé des rois.
Alors, Les montagnes éclatantes se sentent olympiennes. Mais un règne si ostentatoire devient épuisant. Les arbres renoncent sous le poids de l’opulence et l’or devient bronze, puis rouille, puis rien.
Et quand vient l'hiver, les paysages, qui se sont montré si fastes, se découvrent alors pâles et chétifs, et les rois se chauffent avec le bois des montagnes.

Neige d'automne

En automne, il arrive au ciel de pleuvoir et de faire ruisseler des torrents fous et courants.
Mais cette saison sait aussi se montrer plus calme en nous livrant un phénomène délicat comme la neige, et chaud comme l'automne. Un léger vent suffit à provoquer l’envol des feuilles mures dans une lente et douce danse qui s’amenuise sur le sol des forêts en un tapis mou qui craque sous nos pas.

Mont Saint Pierre

Montagne de nuages

Aujourd'hui, j'ai vu des nuages avaler des montagnes. Le voile pâle a embrassé le mont tout entier avec la douceur des tempêtes.
Mais, ce mariage des éléments enterrait la vigueur de l’automne dans une nécropole glacée.
L'horizon avait disparu, laissant place à une clarté nébuleuse. Toute l'agitation chaleureuse et enivrante de la saison avait cessée, couvrant l'atmosphère d'une crispation flottante et inerte.
La vie était enterrée sous les nuages. Un enfer céleste sur la terre où toute vie renonce.

Sur leur rocher

Sur leur rocher ils se tortillent
et c'est bien drôle.

Rocher percé

Le ciel brûle

Le ciel brûle et d’ici peu, il n’en restera que des centres et quelques étincelles éternelles.
C'est un nuage volant de ses propres ailes

Parc du Bic

Premières neiges

Il neige encore

Montréal

New York s'est endormie

Il est 5:30 am quand nous arrivons, peut-être 6:00 am quand nous foulons les pavés d'un Times Square déserté. Où est passée la ville qui ne dort jamais ?
Elle nous accorde un répis.

American Dream

La voilà qui se tient comme un cadeau aux new yorkais. Cette belle statue de la liberté. C’est une vielle dame. Elle raconte de belles histoires, de vieilles histoires. Loin des réalités, elle est isolées sur son île. C’est une Prométhée pleine de promesses, mais son feu doré n’enflamme plus guère que les touristes.

Le cauchemar est souvent trop profond pour avoir le temps de rêver.

Brooklyn

New York est une ville usée

New York est une ville usée
Usée par la crasse et la saleté sans cesse ressassée
Usée par les pas pressants des passants oppressés
Usée par les bruits écrasant des travaux et des transports
Usée par des promesses de prospérité persiflées.

Night life

Mister Trump

Oh, Mister Trump, tu es si beau, tu es si pur
Tout chez toi est si grand, même tes ordures

Clair-obscur

Quand le soleil se dévoile, les vitres des gratte-ciels éclatent de lumière en des fragments de rayons dorés, tandis qu’en contrebas l’ombre des buildings financiers se durcie et fait ruisseler sur la rue poisseuse les ténèbres de la honte.

Jazz Bar

At the same moment

At the same moment, le taxi jaune passe sur le pont
At the same moment, la fille trébuche du haut de ses talons
At the same moment, la gamine la prend en photo
At the same moment, le vieux jette son mégot
At the same moment, le pauvre type se fait tabasser
At the same moment, j'ai acheté un café

Face au vent

Dans la solitude pesante des grandes villes, l’agitation est alourdissante. Les individus sont des passants. Ils marchent vers leurs devoirs, pressés d’y arriver. Mais cette houle qui trotte sur les pavés, jamais ne semble atteindre la rive. C’est un fleuve tourbillonnant comme la tempête, sans delta pour se dissiper. Une addition de mouvements contradictoires qui tourmente par son tumulte.

Face à ce vent fou, l’attente patiente est une fronde, mais il est captivant de quitter ce flux en se faisant passif. Quitter le feu qui nous rend captif pour capter les fines étincelles. Observer le déchaînement sans en faire partie. Contempler l’agitation sans se sentir enchaîné. Être au cœur et se croire en dehors.

Première visite à Québec

Québec est une ville timide qui ne se livre pas sans retenue. Lors de ma première visite dans son sein, le cœur de cette citadelle était dissimulé sous un épais voile qui ne révélait que la pudeur d’une cité murée dans des remparts de pierre. Ébloui par cette vague brume, je me faufilais dans les veines pavées, cherchant à découvrir cette ville couverte.
Tandis que je progressais sans discrétion, la ville se dévoilait à moi en même temps que ce rideau de brume se dissipait en une pluie fine qui donnait à ces bâtiments de pierre une allure familière de Bretagne.

Je me trouvais dès lors si proche d’une ville qui m’avait pourtant accueilli avec une ostensible prudence, et je lui promettais de revenir.

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Bonhomme de neige

Retour à Québec

Carnaval de Québec

Parc de la rivière Jacques Cartier

Chute Montmorency

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